C’est une question que je me suis posée en 2021 quand j’avais un nid de frelon asiatique sous mon avant-toit. Le nid faisait environ 35 cm de diamètre à ce moment, et j’entendais une activité continue autour de l’entrée latérale. Combien étaient-ils là-dedans ? La réponse dépend entièrement de la période de l’année, et comprendre ça change beaucoup ta façon d’aborder le problème.
En mars : une fondatrice seule dans un nid de la taille d’un poing
Au début du printemps, un « nid » de frelon asiatique, c’est en réalité une fondatrice qui vient de sortir de sa diapause hivernale et qui commence à construire son nid primaire. Elle est seule. Elle fabrique les premières cellules, pond les premiers oeufs, et les couve jusqu’à l’éclosion des premières ouvrières. À ce stade, le nid ressemble à une petite boule de papier grisâtre de la taille d’un poing, souvent nichée dans une végétation basse ou un abri de jardin.
C’est pour ça que le piégeage de printemps a un impact si fort : capturer une fondatrice en mars, c’est supprimer une colonie entière avant qu’elle n’existe vraiment. Une fondatrice capturée = un nid de moins en août. Je pose mes pièges dès la mi-mars en Gironde depuis 2022, et les captures de fondatrices sont systématiques lors des premières semaines.
Avril-mai : les premières ouvrières, la colonie prend forme
En avril, les premières ouvrières éclosent et prennent le relais de la fondatrice pour les tâches de construction et de nourrissage. La fondatrice se consacre alors exclusivement à la ponte. En mai, une colonie peut compter quelques dizaines d’individus, parfois une centaine pour les colonies les plus précoces.
Le nid primaire, souvent installé dans une haie, sous une corniche ou dans un abri de jardin, mesure alors 10 à 20 cm. C’est la fenêtre idéale pour intervenir soi-même si le nid est accessible : une colonie de 30 à 100 individus est infiniment plus gérable qu’un nid de plein été. En 2022, j’ai trouvé un nid primaire d’environ 15 cm dans une haie de thuyas mi-juin, avec probablement 50 à 80 individus. J’ai pu le détruire seul le soir même avec une combinaison apicole et un insecticide professionnel adapté.
Juin-août : le pic d’activité, entre 1 500 et 3 000 frelons
C’est là que les chiffres deviennent impressionnants. En plein été, un nid secondaire (le « grand nid » qui remplace ou complète le nid primaire) peut contenir entre 1 500 et 3 000 individus, parfois davantage dans les régions très chaudes ou pour les colonies exceptionnellement productives. La reine peut pondre jusqu’à 300 à 500 oeufs par jour à son pic d’activité.
Le nid peut atteindre la taille d’un ballon de basket, parfois 60 à 80 cm de haut. L’activité à l’entrée est intense : des dizaines d’ouvrières entrent et sortent en permanence pour chasser, ramener des proies (souvent des abeilles ou d’autres insectes) et approvisionner les larves.
À ce stade, n’essaie jamais d’intervenir seul si le nid est à plus de 2 mètres de hauteur ou difficile d’accès. Le rapport de force n’est plus du tout en ta faveur.
Septembre-octobre : les sexués et la fin de saison
En fin de saison, la reine commence à produire des sexués : des mâles et de futures reines fondatrices. Ces individus quittent le nid pour s’accoupler en vol nuptial. Les jeunes reines fécondées cherchent ensuite un abri pour hiberner et fonder leur propre colonie l’année suivante.
À partir de novembre, le froid tue la colonie : les ouvrières et l’ancienne reine meurent progressivement. Seules les jeunes reines survivent en diapause dans des abris isolés (sous des écorces, dans des greniers, dans des creux d’arbres).
Point important : un nid de frelon asiatique ne se réutilise jamais d’une année sur l’autre. Si tu trouves un nid vide en hiver, tu peux le retirer sans aucun danger.
Ce que ces chiffres changent concrètement
La différence entre un nid de mai (50 individus) et un nid d’août (2 000 individus) est énorme sur le plan du risque et du coût d’intervention. C’est aussi pour ça qu’intervenir tôt est toujours préférable, que ce soit par le piégeage de fondatrices au printemps ou par la destruction d’un nid primaire dès qu’il est repéré.
Un professionnel qui détruit un nid de 30 cm en mai est exposé à un risque très différent de celui qui traite un nid de 70 cm en août, ce qui explique en partie les écarts de prix. Je détaille les fourchettes de prix dans l’article prix destruction nid de frelon asiatique.
Comment savoir si un nid est actif ou abandonné ?
Un nid actif montre une activité constante à l’entrée, même par temps nuageux. Un nid en fin de saison ou abandonné peut sembler calme le matin et actif en milieu de journée quand il fait encore assez chaud. En hiver (décembre à février), si le nid ne montre aucune activité sur plusieurs jours de suite, il est probablement mort. Tu peux t’en approcher prudemment avec une torche le soir pour vérifier.
Ce que je ferais à ta place
Si tu as repéré un nid maintenant, regarde sa taille et l’activité à l’entrée. Un nid de moins de 20 cm avec peu d’activité peut être détruit seul la nuit avec le bon équipement et une bonne combinaison. Au-delà de 30 cm, ou si le nid est en hauteur, appelle un professionnel : le risque est disproportionné par rapport à l’économie réalisée.
Et l’hiver prochain, pose tes pièges dès mars. Une fondatrice capturée au printemps, c’est potentiellement 2 000 piqûres potentielles de moins en août. La recette de mélange que j’utilise est détaillée dans l’article quel mélange pour piège à frelon asiatique.